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Prix Goncourt des Lycéens 2020 « Les Impatientes »

« Les Impatientes » de Djaïli Amadou Amal
Prix Goncourt des Lycéens 2020

par Maryse CARRIER

Le roman « Les Impatientes » fut une véritable révélation, permettant au grand public de découvrir Djaïli Amadou Amal, auteur camerounaise inconnue jusqu’à présent en France, révélée grâce à Emmanuelle Colas, éditrice inspirée d’une petite maison d’édition, et grâce à l’obtention surprise du Prix Goncourt des Lycéens 2020.

Ce roman qui met en scène la vie quotidienne de trois femmes débute par une somptueuse et effervescente fête d’un double mariage au sein de la bourgeoisie peule au Sahel : tout n’est que luxe ostentatoire avec « chants des griots mêlés aux youyous des femmes et accompagnés de joueurs de luth et de tambourin… ». Suivra un « banquet gargantuesque » dont  les femmes seront exclues !
Mais ces festivités ne cachent-elles pas en réalité un drame ? Les deux futures épouses, les toute jeunes Ramla et Hindou, deux demi-sœurs, vont être en effet mariées de force à un homme qu’elles n’aiment pas et sont plongées dans la désespérance. Alors que leur père notamment et d’autres membres de la famille leur prodiguent sans cesse des conseils « avisés » tels que « Patience, munyal, mes filles, car la patience est une vertu et une prescription divine », ainsi que  « Soyez soumises !» et alors que leur oncle leur énumère les trente commandements du Coran donnés « de génération en génération à toute nouvelle mariée », elles vivent toutes les deux un véritable cauchemar.
« Une rage impuissante et muette m’étrangle», pleure  Ramla, car cette union l’oblige non seulement à abandonner ses études pour devenir pharmacienne mais aussi à rompre avec Aminou, son grand amour. Son oncle en effet a décidé qu’elle devait épouser « l’homme le plus important et le plus riche de la ville » !
Toutes ses suppliques auprès de son père et de son oncle, pour qu’ils reviennent sur leurs décisions, ne se heurteront qu’à des refus et même à des menaces de sévices corporels. Pourquoi continuer d’ailleurs à penser à Aminou ? Tout cela n’est qu’ « enfantillage… l’amour n’existe pas avant le mariage, Ramla. Il est temps que tu redescendes sur terre. On n’est pas chez les Blancs ici…», lui dit sa mère, ravie à l’idée que ce beau mariage va « faire pâlir de jalousie toutes les coépouses » et mettre en outre sa fille à l’abri du besoin.
Force est de constater que dans cette société où le père, le mari ont « tous les droits et la femme tous les devoirs », toutes ces mères prisonnières d’un système ancestral qu’elles reproduisent, ne semblent pas prendre toujours la mesure exacte de la violence faite aux femmes, induite indubitablement par tous ces mariages précoces et forcés, auxquels elles-mêmes furent pourtant soumises.
Et même si le jour du mariage de leurs filles, mères et tantes affichent des « yeux rougis et si des larmes creusent des sillons profonds sur leurs joues ridées», elles accepteront toutes les décisions patriarcales, car dit le Coran : « Vous appartenez chacune à votre époux et lui devez une soumission totale instaurée par Allah » !
Après la cérémonie du mariage Ramla rejoindra Alhadji Issa, son époux de 50 ans « choisi par Dieu », dans sa vaste et luxueuse concession, puisque selon les propos de son père : « Le destin en a décidé ainsi ».
Le Prophète ne dit-il pas pourtant que « le consentement d’une fille à son mariage est obligatoire » ?…

Quant à Hindou, totalement effondrée, elle appartiendra désormais à la concession de son oncle Moussa, un frère de son père, car elle doit impérativement épouser son cousin Moubarak, alcoolique et drogué, un bon à rien, qui comme ses frères d’ailleurs volera même l’argent de son père.
La nuit de ses noces, Hindou sera « violée brutalement et même assommée d’un coup violent » car « elle fait preuve de réticences. » Personne ne s’en formalisera, même pas le médecin qui devra soigner son corps : « C’est un acte légitime » lui dit-on, « ce n’est pas un viol, c’est un acte d’amour », « soumission et respect à son époux » étant  les deux règles élémentaires et impératives qu’aucune femme ne doit jamais oublier… Et quel est le principal sujet d’inquiétude de la mère de Hindoue lorsque celle-ci vient un jour expliquer à ses parents que Moubarak peu après le mariage s’est enfermé un après-midi dans la chambre avec une fille ? : Pourvu que les coépouses – et rivales – n’apprennent  pas les déboires des  deux femmes ! Dans une concession en effet « où les femmes tournent en rond comme des lionnes… on ne se contente pas de détester sa coépouse mais on hait aussi toute sa progéniture. »
Suite à des menaces et à de violents coups répétés sur son corps recouvert bientôt de multiples hématomes ou ecchymoses (« à cause d’un malentendu » bien sûr, tout cela étant « dans l‘ordre des choses » !), Hindou décide un matin de quitter la concession. Bientôt retrouvée, elle sera alors flagellée par son père, fou de colère, qui frappera aussi sa mère, laquelle avait confié un jour à sa fille : « J’ai piétiné mes rêves pour mieux embrasser mes devoirs.»
Lors de l’accouchement de son premier enfant, on recommande à Hindou « de ne pas pleurer, de ne pas crier », sinon sa « dignité sera bafouée. C’est la volonté d’Allah d’accoucher dans la douleur.»
Hindou, anorexique à présent, est-elle devenue folle, est-elle possédée par un djinn malveillant ? « Combien de séances de prières ont murmuré les marabouts au dessus de ma tête ? » pense-t-elle, tandis qu’elle ne « supporte plus ni la vue ni la voix de son mari… de son père ou de son oncle » : Munyal, munyal ! Patience ! « Non, je ne suis pas folle, dit-elle. Pourquoi m’empêchez-vous de respirer ? Pourquoi m’empêchez-vous de vivre ? »

La troisième femme que nous rencontrons dans ce roman se prénomme Safira, la première et jusqu‘à présent l’unique épouse aimante de Alhadji Issa. Mais après 22 ans de mariage, Issa a pris une nouvelle femme, à peine plus âgée que la fille de Safira : « Je suis peut-être polygame, mais jusqu’à preuve du contraire je suis un homme libre et je fais ce que je veux », précise-t-il.
Or la présence de la nouvelle épouse, qui n’est autre que Ramla (que nous retrouvons ici)  provoque ire et implacable jalousie de la part de Safira, la daada-saaré, pilier de la maison et de toute la famille : « Je ne veux pas partager mon mari ni me résigner en victime expiatoire ! », s’écrie-t-elle immédiatement.
En parfait connaisseur des rivalités entre coépouses, « livrées à une concurrence féroce », Issa les prévient à travers ce chantage : « Si vous me rendez heureux par votre bonne conduite, je ne prendrai pas de troisième épouse » !
Safira va dès lors mettre tout en œuvre pour « reconquérir son mari, son amant » et ne veut surtout pas entendre parler de munyal, même si ce terme est prononcé par un marabout !
Redoutant par-dessus tout que Ramla tombe enceinte, car « chaque enfant qu’elle aura ne fera que diminuer l’héritage des siens », Safira va préparer sa vengeance : tout d’abord elle laisse croire à son mari que Ramla lui a dérobé 6 ou 7 millions, ce que celle-ci nie bien sûr, en criant au complot ! Furieux Issa va tout d’abord répudier les deux femmes, pour finalement les reprendre.
Mais « telle une araignée, Safira tisse inexorablement sa toile autour de son innocente coépouse », faisant croire à présent à Issa que Ramla a un amant. Issa accable la malheureuse, la frappe, la blesse avec un couteau tout en étant convaincu de son impunité au cas où il l’égorgerait, car « dans ce pays, dit-il,  les riches ont toujours raison.»
Après la fausse couche de Ramla, une amitié va étrangement se nouer entre ces deux femmes mais Ramla, trompant la vigilance des gardiens, va partir une nuit avant l’aube et s’évanouir dans la nature. Pour rejoindre son ancien fiancé ?
Persuadée qu’Issa reprendra une nouvelle épouse, Safira, consciente qu’elle ne reste pas dans cette concession uniquement « par amour mais pour protéger ses enfants et être à l’abri du besoin », pense à présent : « Peu importe l’épouse qui viendra… je dois garder mon calme… je lutterai… je gagnerai encore la bataille. »
Entend-elle les femmes de la famille lui répéter : « Et n’oublie pas, Safira : munyal, patience… » ?

« Les Impatientes », véritable réquisitoire contre des traditions sociales et religieuses ancestrales, à savoir le mariage forcé et la polygamie, pratiquées aujourd’hui encore dans de nombreux pays musulmans d’Afrique notamment, « laisse trois personnages féminins raconter leurs calvaires », leur descente aux enfers.
Djaïli Amadou Amal connaît bien ce sujet, pour avoir elle-même « subi deux maris épouvantables dans sa jeunesse », avant de créer l’association « Femmes du Sahel, d’épouser un mari ingénieur-écrivain » et de s’investir dans la littérature. Saluons cependant le courage de cette « impatiente » : ses prises de position, ses œuvres lui valent en effet toujours « pas mal d’attaques, voire de menaces sur les réseaux sociaux ou lors de conférences », de la part de tous ceux qui osent prétendre encore comme dans le roman qu’« une femme heureuse se reconnait à ses voyages à la Mecque ou à Dubai, à ses nombreux enfants et à sa belle décoration intérieure », et qui n’hésitent pas d’ajouter que «  la polygamie est indispensable pour le bon équilibre du foyer conjugal » !
Félicitons d’autre part tous les jeunes lecteurs qui ont plébiscité ce roman en lui attribuant un prix prestigieux, leur sensibilité, leur désir de liberté, d’égalité entre hommes et femmes, leur besoin de fraternité ayant sans aucun doute guidé leur choix si judicieux.

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Prix Goncourt 2020 : « L’Anomalie »

 « L’Anomalie »    Hervé Le Tellier
Prix Goncourt 2020

par Maryse CARRIER

« L’Anomalie », Prix Goncourt 2020, est un roman remarquable, à la fois passionnant et surprenant, « tenant à la fois du thriller, de la comédie humaine et du récit de science-fiction », selon l’auteur lui-même.
Ce roman particulièrement dense, en trois parties, où chaque chapitre pertinemment introduit par une précision géographique et temporelle comprend un portrait et un style littéraire différent, nous invite à croiser entre autres onze destins de personnages français et américains, de « tous les âges, de tous les genres et de toutes les couleurs de peaux. »

Dès le premier chapitre « Aussi noir que le ciel » nous découvrons Blake, un tueur à gages français, qui mène une double vie (ce qui est loin d’être anodin), Victor Miesel, traducteur et écrivain « maudit », dont « l’Anomalie » deviendra un roman culte après son suicide, une brillante avocate noire, Joanna Wasserman, compromise par nécessité au sein d’une importante société pharmaceutique polluante et qui sait deviner dans le rictus de son patron « ces signes symboliques qui imprègnent toutes les relations raciales ». Voici également  la jeune Sophia Kleffman, dont la grenouille Betty va étrangement ressusciter et dont la mère à présent a peur de son époux, lieutenant héroïque de l’armée américaine, « devenu brutal et égoïste » depuis ses missions en Afghanistan. N’oublions pas le chanteur nigérian Slimboy, atterré par la situation économique et sociale de son pays et par l’homophobie régnante. Quant à l’architecte André Vannier, qui a dû se rendre en Inde pour remédier aux graves et dangereuses défaillances dans la construction par les autochtones de la Suryaya Tower, dont il est responsable, il vient d’être informé que Lucie, sa jeune, trop jeune amie, le quitte. Nous apprenons encore que l’un des meilleurs oncologistes de New-York ne peut plus rien face au cancer du pancréas, dont est victime son frère David
Cette galerie de portraits ne serait pas complète sans la présence d’un jeune mathématicien surdoué de Princeton, Adrian Miller, auquel le Pentagone, déplorant son propre manque de réactivité lors du 11 septembre 2001, va demander d’imaginer « un protocole d’accélération des procédures » d’intervention. Par jeu Adrian invente avec Tina Wang le protocole 42, « une farce de matheux », au cas où les USA seraient confrontés à une situation jamais encore envisagée.
Mais quel est donc le point commun entre tous ces personnages, qui à la fin de chaque chapitre seront tous arrêtés (sauf Miesel) ?…
Il s’avère que le 10 mars 2021, ils ont tous pris le Boeing 787 pour un vol Air France 006 entre Paris et New-York (atterrissage à Kennedy Airport), piloté par le commandant Markle : tous sans exception ont cru que leur dernière heure était arrivée, leur avion étant pris dans des turbulences apocalyptiques comme dirigées par « une main invisible.»
Or un évènement bien mystérieux va plonger toutes ces personnes – et le lecteur – dans la sidération :
Trois mois plus tard en effet, le 24 juin 2021, le même Boeing que celui du 10 mars, effectuant le même vol entre Paris et New-York, transportant les mêmes 243 voyageurs, piloté par le même commandant de bord et endommagé lui aussi par des turbulences, reçoit l’ordre menaçant du Norad, puis du Pentagone de ne pas atterrir à New-York, mais sur la Base McGuire Air Force à New-Jersey, l’équipe du protocole 42 étant en alerte.
Mais « d’où sort cet avion, qui semble surgir de nulle part et qui a donné le code erroné d’un vol Air France Paris New-York ? »

Dans la deuxième partie intitulée « La vie est un songe », nous apprenons que ces derniers passagers sont immédiatement conduits dans un hangar secret et bien équipé, où ils seront « interviewés » et espionnés par la CIA et le FBI. Quant aux soldats qui les surveillent, ils « ont pour consigne de ne rien révéler de la date » actuelle à ces voyageurs, persuadés d’être au 10 mars. Ceux-ci sont d’autre part observés discrètement depuis une plateforme par les passagers du « premier » Boeing, « conduits par le FBI dans des fourgonnettes aussi noires que discrètes » jusqu’au même hangar… sur la Base McGuire Air Force à New-Jersey !
Mais que dire à ceux qui viennent juste d’atterrir ? demande Tina Wang au général de la Défense, Silveria : « Je vous conseille de ne pas leur dire qu’ils existent tous déjà en double quelque part et qu’ils n’ont rien à fiche sur Terre… », répond-il.
Situation de crise à la Maison Blanche ! Elle va se répercuter en France et en Chine, cette dernière étant restée étrangement muette sur un problème identique d’avion et de personnages « dupliqués. » Aucun prix Nobel ou Fields, aucun philosophe ne peut fournir d’explication, on avance alors l’hypothèse Bostrom de la simulation informatique, la CIA convoque les représentants de toutes les religions, qui ne fourniront « qu’une réponse doctrinale et fausse »… Et après la révélation par le Times de ce secret d’Etat, la NSA et Air-France, adeptes de « l’effacement », décident de « faire disparaître toute trace numérique du vol 006 du 10 mars. » De toute façon personne ne réclame ni cet avion si mystérieux ni ses passagers ! Mais le monde entier avec ses thèses complotistes, ses influenceurs, ses adeptes d’extraterrestres, ses illuminés, ses fanatiques… va apprendre la nouvelle.
Or « Quand 7 milliards d’êtres humains découvrent qu’ils n’existent peut-être pas, la chose ne va pas de soi » et cela peut même entraîner des suicides.

Dans la dernière et troisième partie « La chanson du néant », Hervé le Tellier nous plonge définitivement dans le monde inquiétant de la virtualité, ancrant la science-fiction dans la réalité.
L’invraisemblable se produit sous nos yeux, car nous assistons à la confrontation entre les passagers de mars et leurs « doubles » de juin, différenciés par l’appellation March ou June et assistés de psychologues ! « Rencontres du deuxième type », voire du « troisième type »…
En dépit de toute logique, chacun est bien obligé de penser : « Je suis toi, tu es moi ». Confrontés à cette nouvelle situation plus qu’insolite, source parfois de profonde introspection, de multiples questionnements sur le sens de la vie, le vieillissement, la mort, la pédophilie, la vie de couple, la garde alternée, la création littéraire…  comment vont-ils tous trouver une solution ?  En tuant son « double » comme Blake ou en se faisant établir un faux état-civil, pour prouver que « nous sommes jumeaux », comme le propose un des Slimboymen ? Mais la gémellité ne risque-t-elle pas d’attirer les foudres de fanatiques religieux (tel Jacob Evans), qui considèrent les « doubles » Adriana March et Adriana June comme des Impures ?
Comment expliquer enfin  la « résurrection », « le double » de Victor Miesel « censé être mort » depuis son suicide le 22 avril : « Il était donc dans cet avion ? ». Victor affirme entre autres que « ce n’est pas lui qui a écrit « L’Anomalie», se demandant « si en fait nous ne sommes pas tous dans une  « simulation ».  Et c’est ce « revenant » qui affirme que c’est bien « dans l’avion, comme tout le monde » le 10 mars qu’il a « ressenti le moment exact que certains appellent la « divergence » ou même parfois « l’anomalie »… Puis « Les turbulences ont cessé et le soleil est revenu dans la cabine. Cette dernière phrase est aussi la définition du Prozac », poursuit-il avec un demi-sourire.

Car l’humour n’est pas absent de ce roman et l’on devine le plaisir de l’auteur lorsqu’il ironise sur des personnages qui rappellent étrangement un célèbre mathématicien français ou un président américain et ses assertions simplistes : « Une fois l’espace replié, il suffit d’y faire un  trou » ! Mais il s’agit souvent d’un humour au deuxième degré : Jacob Evans n’est-il pas « aidé par Dieu, Instagram et Facebook » ? Et surtout n’oublions pas que « la liberté de pensée sur Internet est d’autant plus totale qu’on s’est bien assuré que les gens ont cessé de penser. »
Nous constatons souvent à quel point Hervé Le Tellier dans cette narration non linéaire prend plaisir à jouer avec les codes des styles comme nous l’avons vu, à jouer aussi en permanence à perdre son lecteur avec des mots, des phrases à double sens, l’obligeant à interpréter tous les non-dits, à se livrer à de fréquents retours en arrière ; il n’est pas rare en effet qu’une seconde lecture ne s’impose afin de saisir le sens caché du texte, toutes ces « choses cachées comme des œufs de Pâques » a dit l’auteur lui-même,  comme c’est le cas avec « l’aventure » du roman de Victor Miesel qui a été en fait terminé par son éditrice, ce que l’on ne peut que deviner.
Ne joue-t-il pas aussi avec délectation sur cette notion du double (à l’image de Romain Gary qui exista sous deux  noms jusqu’à sa mort), d’autant que « Je n’ai aucun doute sur cette idée du double : nous ne sommes pas seuls dans l’univers… », a affirmé un jour Le Tellier avant de conclure : « Il y a plusieurs univers simultanés qui existent et qui sont finalement des lieux d’embranchements du temps. »
C’est dire qu’Hervé Le Tellier, spécialiste de la littérature à contraintes, se comporte en digne président de l’OuLipo (« l’Ouvroir de Littérature potentielle »), groupe de littérature inventive, expérimentale et ludique, créée en 1960 par Raymond Queneau.
En tout cas « L’Anomalie » (Ed. Gallimard) est le deuxième prix Goncourt le plus vendu de l’histoire et il devrait être bientôt adapté en série.

Ce « roman de romans, virtuose et vertigineux » qui aborde un vaste panel de sujets d’actualité, mais où « la logique rencontre le magique », où la planète est confrontée à une vérité nouvelle, ne remet-il pas en cause toutes nos illusions ? Reprenons cette citation de Nietzsche évoquée dans cette œuvre si riche en références scientifiques et littéraires : « Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont. »
Et laissons le mot de la fin à Victor Miesel : « C’est de l’espèce humaine tout entière que la simulation attend une réaction. Il n’y aura pas de sauveur suprême. Il faut nous sauver nous-mêmes » sauf si, comme à la dernière page, un troisième vol Air France 006 avec les mêmes passagers, piloté par le même commandant de bord Markle…  mais quel sera à présent l’ordre donné par le président des Etats-Unis ?  « Et le temps alors s’étire, s’étire avant… la vibration lente du monde. » Nouvelle « anomalie », « chanson du néant » ?…

Introduction « L’Anomalie » et « Les Impatientes »

« L’Anomalie »
(Hervé Le Tellier) : Prix Goncourt 2020

&
« Les Impatientes »
(Djaïli Amadou Amal) : Prix Goncourt des Lycéens 2020

par Maryse CARRIER

Ces deux Prix Goncourt 2020 ne peuvent en aucun cas laisser le lecteur indifférent et nous ne pouvons que saluer le choix pertinent de ces deux romans si différents.

« L’Anomalie » nous perturbe en nous plongeant avec maestria dans le monde déroutant de la virtualité, des possibles difficilement envisageables, mais que le talent et l’humour de Le Tellier sait rendre parfaitement accessibles. Dans cette narration, la date si importante du « 24 juin 2021 » ne pouvait qu’inciter à explorer aujourd’hui même les mystères de ce roman !

Dans un autre style, « Les Impatientes » nous fascinent et nous effraient en même temps par l’évocation de pratiques ancestrales qui dépassent l’entendement mais qui ont bien lieu encore chez de nombreux musulmans africains. Il n’est jamais inutile dans ces cas-là de rappeler à tous et avec détails ces traditions toujours vivaces qui feront dire à une héroïne : « On m’a volé ma jeunesse, on m’a volé mon innocence. »

 

Vous trouverez ci-après une présentation de ces deux romans
par Maryse CARRIER 

Téléo, le téléphérique urbain toulousain

Vue sur Téléo, le téléphérique urbain toulousain

par  Michel CARRIER 

Quelques privilégiés habitant le sud-est toulousain ont pu et peuvent suivre la mise en place du téléphérique urbain TELEO.

C’est un chantier de 82 millions d’euros dont on a pu voir l’évolution (contrariée par le Coronavirus) avec l’implantation de 7 pylônes supports et de trois stations :

  • la station Université Paul Sabatier reliée au terminal de la ligne B du métro
  • la station Rangueil « Louis Lareng » (fondateur du SAMU et de la télémédecine)
  • la station Oncopole  « Lise Enjalbert » (grande virologue de la faculté de médecine de Toulouse).

La station Paul Sabatier paraît fort importante mais c’est ici que sont regroupés les moteurs permettant le fonctionnement du téléphérique ainsi que le garage.

Cet ouvrage remarquable réalisé par la société POMA dotera Toulouse du plus long téléphérique urbain d’Europe : 3 km avec passage de la colline de Pech David et de la Garonne.

Nous avons également pu assister à la pose de la cablette (corde qui sert à la mise en place des câbles).  C’est un hélicoptère qui a été chargé de cette tâche entre l’Oncopole et Rangueil puis un drone entre Rangueil et Paul Sabatier.

Actuellement le chantier poursuit son avancée et nous attendons avec impatience de voir la première cabine circuler pour les essais.

Au final il devrait y avoir 15 cabines pouvant transporter 35 personnes chacune à une vitesse de 20 km/h soit 10 mn pour un trajet de Paul Sabatier à l’Oncopole. Il  paraît même que les vélos seront admis dans les cabines ! Aux heures d’affluence la fréquence de passage devrait être celle du métro (2 mn).

Espérons seulement que le vent d’autan, habitué de notre ville, ne s’opposera pas violemment à ce bon fonctionnement. L’arrêt de ce téléphérique n’est prévu qu’à partir d’un vent de 108 km/h. Pour ceux qui scrutent la météo marine cela correspond à un vent de 58 nœuds soit force 11 en degré Beaufort : violente tempête. Soyons rassurés, les statistiques de météo France nous indiquent que cela n’arrive que 2h30mn par an à Toulouse… et il n’est pas exclu que cela se passe pendant l’arrêt nocturne du téléphérique.

Même si nous n’avons pas envie de fréquenter l’hôpital de Rangueil ou l’Oncopole, gageons que dès la mise en fonction de ce Téléo, de très nombreux curieux iront faire un essai pour admirer le point de vue qui devrait être grandiose.

Photographies de l’auteur

Festival d’Avignon 2022

Festival d’Avignon juillet 2022

Festival d’Avignon : 6 –30 juillet 2022

par Maryse CARRIER

            Pour cette 76ème édition du Festival d’Avignon, créé par Jean Vilar en 1946, et 3 semaines durant, les spectacles du In et du Off se côtoient dans Avignon, ce lieu merveilleux où des centaines d’artistes arpentent inlassablement les rues de la cité, dont les façades disparaissent derrière des myriades d’affiches. Malgré la canicule, un public très nombreux, amoureux de théâtre envahit l’espace, se jouant des horaires depuis le matin jusqu’à des heures fort tardives.

Après 9 ans à la tête de ce Festival, son directeur Olivier Py, qui s’apprête à céder sa place au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues, a programmé à nouveau – dans le cadre du In – de surprenantes « histoires de l’humanité, d’Euripide à Tchekhov, de Shakespeare à Mahmoud Darwich, Pascal Quignard ou Simon Falguières »….

Or si environ 150 000 « happy few » assistent aux spectacles du Festival In, n’oublions pas qu’environ 1 500 OOO spectateurs accourent au festival Off, qui lui hélas ne bénéficie pas de subventions !  Car en réalité, deux festivals, deux publics semblent bien ne pas vouloir se mélanger durant 3 semaines à Avignon. Les uns reprocheront au In son volontarisme délibérément avant-gardiste et élitiste, les autres invoqueront l’aspect grand public et populaire du Off ! Libre à chacun de choisir !

          Ayant opté cette année pour le Off, au programme très éclectique (avec plus de 1530 spectacles !), nous avons vu et entendu un large éventail de remarquables prestations, dans des théâtres permanents ou provisoires : partout qualité du spectacle (qui dure rarement au-delà d’1h30), compétence et enthousiasme des acteurs ne pouvaient que susciter notre admiration.

 

Parmi la longue liste de spectacles auxquels nous avons assisté, voici nos principaux coups de cœur :

            La musique étant toujours au rendez-vous à Avignon, plusieurs musiciens se révèlent comme de véritables virtuoses, tel le «Pianiste tout terrain » Simon Fache, également trompettiste et accordéoniste, qui prend plaisir à « étriller les frimeurs, les imposteurs, les pianistes de croisière, de mariage ou d’enterrement… et lui-même » !

           Le spécialiste de musique de films Alain Bernard nous offre avec son « Piano Paradiso » un spectacle d’une fantaisie à la bonne humeur contagieuse, à la fois plein d’humour, de tendresse et d’autodérision !

            L’ensemble « Trovaores » (Antonio Placer, Javier Rivera et Juan Antonio Suarez Canito)  ou « la rencontre du flamenco, du jazz et de la chanson d’auteur », accueille avec bonheur le grand danseur de claquettes Rafael Campallo.

           Puis 4 saxophonistes étonnants « Les Désaxés » font vivre au public avec « Mad Sax » plusieurs styles musicaux de Ravel à Gershwin en passant par Bach, Debussy, le Jazz rock et le Tango argentin…

         Car la musique classique n’est jamais très loin : « Mozart vs Mozart », animé par tous les membres musiciens et comédiens de la famille Gillis, nous invite à un voyage légèrement iconoclaste dans la vie mouvementée de Wolfgang Amadeus. Une mention particulière pour la toute jeune Juliette Gillis, qui avec une présence surprenante pour son âge tient magistralement le rôle d’un Mozart imprévisible, surdoué, facétieux, « follement génial » !

 

            On ne peut qu’admirer également « Vivaldi, l’Age d’or » de Marianne Piketty et son Concert Idéal. Ici 8 musiciens, véritables « passeurs de merveilles… mis en mouvement, en espace et en lumière », célèbrent l’Ecole Vénitienne avec entre autres « les emportements virtuoses de Vivaldi » et d’Albinoni durant l’ère baroque des XVII et XVIIIèmes siècles, lorsque Venise brillait de mille feux !

 

Par ailleurs sur les scènes de théâtre, de nombreux spectacles mettent en exergue des personnalités d’exception, qui ont imprimé leur nom dans l‘histoire grâce à leur engagement, leur détermination, leur courage sans faille.

Deux spectacles émergent dans le style à la fois théâtral et musical :

           Déportée en 1943 à Ravensbrück (camp de concentration réservé aux femmes), Germaine Tillon, ethnologue et résistante française, rédigea en cachette « Une opérette à Ravensbrück », « pour défier le mal par le rire ». Pour résister en effet et pour « redonner vie à leur corps et à leur âme », les déportées plaisantent, chantent, dansent. L’art n’est-il pas un moyen d’exorciser l’indicible ? (Les prisonniers juifs de Theresienstadt ont bien créé et joué des pièces de théâtre non innocentes à l’intérieur du camp…)

           De même dans « La vie est Kurt », spectacle trilingue, la comédienne et mezzo-soprano Ana Isoux accompagnée au piano par Bertrand Ravalard,  « campe avec rage et humour la galerie bigarrée des laissés-pour-compte » de Kurt Weil et surtout de Bertolt Brecht (avec notamment des extraits de «L’Opéra de quat’sous »), « de Berlin à New-York, en passant par le Paris de l’entre-deux guerres ».

 

Dans le même registre, certain(e)s comédien(ne)s n’hésitent pas à se livrer à un flamboyant One Man/Woman Show :

             C’est ainsi que Céline Monsarrat avec « Olympe de Gouges. Plus vivante que jamais » incarne avec brio le rôle de l’une des pionnières du féminisme en France (son manifeste le plus célèbre en 1791 étant « la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »), retraçant « son parcours de femme indépendante et libre », emprisonnée à la Conciergerie avant d’être guillotinée.

            Une riche exposition à la mairie d’Avignon sur le ministre de l’Education nationale et des Beaux Arts du Front populaire est un remarquable complément au spectacle passionnant « Jean Zay. L’Homme complet » d’après « Souvenirs et solitude » de Jean Zay lui-même, magistralement  incarné par Xavier Béja. « Franc-maçon, cible des antisémites, le ministre sera condamné à la déportation par le gouvernement de Pétain » et assassiné par la milice française en 1944.

            Un hommage particulier est rendu à Albert Camus avec l’adaptation de ses « Lettres à un ami allemand », rédigées courageusement pendant la guerre, dans lesquelles l’auteur nous  livre « un véritable manifeste contre les nationalismes en tout genre », lequel retentit aujourd’hui avec une étonnante acuité.

            Depuis des années, Pierrette Dupoyet aborde sur la scène d’Avignon des sujets de société ou retrace le destin d’illustres personnalités, telle que cette année « Joséphine Baker », mettant l’accent, avec beaucoup d’émotion, sur la vie d’engagement de cette femme exceptionnelle digne du Panthéon !

 

Et c’est aussi avec beaucoup de panache que de nombreux comédiens, en compagnie d’une troupe parfois réduite, passionnent absolument le public :

               Avec « Les racines de la liberté », nous assistons à « un ultime et fascinant face à face le 22 mars 1794 entre Danton et Robespierre, deux figures de proue de la Révolution » : Danton (magistralement interprété par l’auteur de la pièce Hugues Leforestier) tente – vainement – d’obtenir un arrêt de la Terreur de la part du Comité de Salut public et de Robespierre (belle performance de la sublime Nathalie Mann), l’enjeu étant d’obtenir un monde libre, « plus juste et plus équitable ». Une semaine après cette rencontre, Danton, l’opposant contestataire, sera guillotiné (Robespierre connaîtra le même sort le 28 juillet de la même année !).

         Le spectacle « Un soir chez Renoir » met en présence, en 1877, 4 peintres impressionnistes, Renoir, Monet, Morizot, Degas qui préparent leur 3ème exposition indépendante. Mais comme leurs toiles ne se vendent pas, ne devraient-ils pas plutôt exposer dans le cadre du classique Salon Officiel ? Les avis sont partagés, les discussions très animées… Vont-ils rester fidèles à leurs idéaux artistiques et refuser le Salon ? Vont-ils suivre les conseils de Zola, qui tente de les convaincre de rejoindre le Salon en insistant sur le fait que leur peinture est certes très belle, mais en dehors de ces réalités si chères à l’auteur des Rougon-Macquart, qui a dépeint l’époque du Second Empire à partir de si pertinentes observations ?

               « Chaplin 1939 » met l’accent avec humour sur la préparation bouillonnante d’un chef-d’œuvre « Le Dictateur ». Chaplin en effet, réalisateur intelligent, lucide et même visionnaire, veut se « payer Hitler », qu’il « devine dangereux et fou et qui a osé en plus lui voler sa moustache » !

               L’histoire de Camille Claudel, « sculptrice de génie », est magistralement évoquée dans « K-Mille », « mêlant danse et création musicale ». Mais Camille sera bientôt victime de sa passion pour la sculpture et pour Rodin, qu’elle considèrera comme un manipulateur qui exploite son génie créatif ; elle s’éloignera de lui et sombrera dans la folie. La pièce met en lumière « la place des femmes artistes et le combat pour la liberté absolue dans l’art ».

                Avec « Je m’appelle Adèle Bloom », Armelle Deutsch fait revivre au sein d’un hôpital psychiatrique une jeune femme rebelle qui, s’opposant en 1947 au monde qui l’entoure et en particulier à « la figure scandaleuse de la neurochirurgie américaine », incarnée par un certain Walter Freemann, essaie de survivre grâce à l’écriture.

 

Mais le festival Off ouvre également ses portes à des artistes étrangers et c’est une véritable « standing ovation » qui sera dédiée au spectacle de danse contemporaine « See You » de la compagnie taïwanaise Hung Dance, dont « la spécificité est le mélange entre la danse contemporaine, le Tai-chi, les techniques du Popping et de la Street Dance » !

 

Certes tous les spectacles du Off ne relèvent pas de la même veine, mais avec un peu de chance, de l’intuition et surtout des discussions toujours aisées avec d’autres festivaliers, on réussit facilement à détecter quelques chefs-d’œuvre pour notre plus grand plaisir et avec le sentiment de contribuer au soutien indéfectible d’artistes si talentueux et si méritants !

 

MAESTRATI Colette

Colette Maestrati

Origine : cocktail de Lorrains et d’Aveyronnais.

Enfance : scolaire : Paris    /    Vacances : Lunéville

Adolescence : études universitaires à Nancy

Vie : mouvementée. Voyages, une partie de l’Europe,  beaucoup l’Asie, un peu les États-Unis.

Vécu 5 ans au Liban.

Profession.  Au retour : un temps journaliste, puis  concepteur-rédacteur publicitaire à Paris, en Agences, puis en free-lance.

Violons d’Ingres:  La passion de la langue française. Le plaisir d’imaginer.   Ses placards sont pleins de textes endormis pour cause de vie (et de nature ! ) tourbillonnante.   L’amour des animaux. L’horreur du laisse-aller,  humain ou littéraire.

Défaut : la dispersion.  Tout est si passionnant à vivre.

Son rêve : avoir encore une ou deux vies pour finir ce qui est en cours,  et entreprendre ce qui est en gestation.

 

Livres parus aux éditions Persée:

 »Malbrou (…gh) s’en-va-en-terre  »

 »Petits Contes du Vent Léger  »

 

Livre paru aux éditions Le Livre et la Plume:

 » Ce que la Chenille appelle  Fin du Monde… le Seigneur l’appelle papillon  »

BERTHOMIEU Jérôme

Je m’appelle Jérôme Berthomieu, j’ai 46 ans et je suis marié avec 3 enfants. Je vie à côté de Muret, dans un village nommé le Lherm.

Je travaille en tant que fonctionnaire dans un Syndicat de Eaux.

Je n’aimais pas le français durant mes années de collège et lycée. C’était plus par incompréhension de tout ce vocabulaire technique, de toutes ces rigueurs d’écriture. Puis il paraît que nous, les garçons, on était plus fort en math.

Les évènements de ma vie m’ont fait prendre une certaine direction, et j’ai gagné en partie confiance en moi, confiance dans mes idées.

J’ai alors commencé à écrire certaines pensées sur le papier, romancées ou pas, et surtout des poèmes qui me servaient souvent d’exutoire à mes mal êtres.

Durant ces 20 dernières années donc, j’ai écrit, et je continue par passion et par envie de partager des idées, tout comme l’envie d’éveiller la curiosité chez les autres.

Mes thèmes d’écriture gravitent essentiellement autour de l’humanité, des questions que l’on peut se poser sur l’espèce humaine mais aussi sur les animaux. Les modes sociaux différents suivant les cultures m’intéressent beaucoup, tout comme la spiritualité.

 

Pour la nouvelle que j’ai présenté à ce concours, Trueno, elle parle notamment des relations humains / animaux, mais aussi ce qu’il serait possible d’imaginer si l’on était dans la peau d’un animal. Peut-être ne pas simplement le catégoriser comme esprit non pensant.

SOUBROUILLARD Nadine

En 1981, Nadine Soubrouillard s’installe à Strasbourg, où elle obtient en 1985 un diplôme national supérieur des arts appliqués de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, département illustration. Elle commence à travailler pour le magazine Mikado et la publicité. Elle poursuit sa carrière dans l’édition jeunesse notamment chez Milan, Bordas, Casterman, Fleurus, Hatier, le Seuil, Nathan, Bayard Presse, Rouge et Or, les éditions du Signe, tout en collaborant avec la presse écrite. Depuis 1998, Nadine Soubrouillard est auteure littéraire et éditrice. Elle développe également une production de plasticienne. En 2009, elle obtient un diplôme d’art-thérapie à la faculté de médecine et de pharmacie de Poitiers. Elle exerce à Strasbourg.

CANDAT Claudine

Claudine Candat est toulousaine et germaniste. A séjourné à Stuttgart et à Vienne où elle s’est imprégnée du romantisme et du fantastique allemands. Ses romans européens en tirent leur inspiration. Son premier roman, Diabolo pacte, obtient en 2009 le prix de Médiane organisation. Son deuxième, Elwig de l’Auberge Froide, un thriller franco-allemand(éditions Pierre Philippe – Genève, 2014), est né d’un périple qui l’a menée à vélo jusqu’en Ukraine. Son opus de science-fiction en 4 volets, Poussière de sable, est publié chez Rroyzz éditions, notamment L’épopée euskalienne (2019) et Légendes ourdiniennes (2022).

Mais avant d’être romancière, Claudine Candata été poète, une passion qui s’est emparée d’elle dès l’enfance. Mon opium est dans mon cœur rassemble ses poèmes de jeunesse parcourus des cris du cœur et des voix de la nature. Quelques-uns ont fait l’objet d’un seize-pages paru chez Encres Vives. À sa sortie, Pierre Siméon a salué « une belle clarté souple qui touche immédiatement. », ce dont elle est fière. Si elle tient à faire connaître ce premier recueil c’est que, tout en poursuivant son œuvre romanesque, elle renoue avec la poésie dans une veine différente : une poésie de combat.

MARTELLINO Renaud

Je suis né le 19 avril 1966. J’habite Montbrison dans la Loire (42).

J’ai occupé le poste d’Enseignant en comptabilité dans un lycée de 23 à 30 ans, âge auquel j’ai démissionné pour reprendre mes études afin d’être Educateur Sportif. Je travaille depuis 1996 dans un Centre de Remise en Forme.

J’ai été auteur-chanteur dans un groupe de chansons françaises durant 14 ans (2007-2021). Notre formation a pris fin en raison du confinement et du couvre-feu qui nous ont empêchés de répéter. J’ai alors pris la décision d’écrire en utilisant un autre format que celui imposé par les chansons.

« Kerkira » fut ma première nouvelle. J’en ai écrit deux autres depuis 2021 et suis en train d’en développer une autre.